
Décrivez-nous votre Plan vert.
Le Plan vert a défini quelques secteurs-clés pour le développement durable de la ville et qui aideront à la protection et à l’amélioration des infrastructures de celle-ci. La Ville a établi pour chacun de ces secteurs des objectifs afin d’assurer la protection et l’amélioration des infrastructures. Ces secteurs sont :
- L’aménagement urbain et les infrastructures vertes : Prendre une approche environnementale à la planification urbaine et à la construction de routes, d'édifices et de quartiers résidentiels sans oublier l’entretien des lieux publics.
- La gestion municipale interne : Améliorer les opérations et les méthodes de gestion à l’intérieur de la Ville.
- La promotion des initiatives de développement durable : Assurer une communication efficace entre la Ville et ses citoyens.
- La participation des citoyens : Engager les citoyens à participer d’eux-mêmes au plan vert.
Pourquoi la ville de Bouctouche a-t-elle décidé d’entreprendre une stratégie de développement durable?
Dans les années 1990, la Ville s’est lancée dans un processus afin de devenir une station d’écotourisme. Le défi a été relevé avec succès, l’écotourisme de Bouctouche a permis de donner un cachet unique à la ville. L’écotourisme de Bouctouche est devenu au fil du temps, le moteur économique de la communauté. D’ailleurs, la Ville a été sélectionnée pour deux prix prestigieux internationaux. Le positionnement « vert » de la Ville s’est fait naturellement par le conseil. Il était clair qu’on devait aller plus loin que l’écotourisme pour être réellement en développement durable. Nous avons alors décidé de développer un plan.
Quelles ont été les étapes de la réalisation de ce projet?
Dans un premier temps, la Ville a décidé de débloquer des fonds pour engager un coordonnateur en environnement. Ensuite, nous avons mis sur pied un comité multiparti qui regroupait des intervenants de divers secteurs : jeunesse, affaires, municipales, etc. Ce comité avait comme mandat d’analyser ce qui avait été fait dans d’autres municipalités au Canada.
Une fois que nous avions notre cadre de travail bien en place, nous avons tenu des audiences publiques afin de bien informer les résidents, mais surtout afin de recueillir leur opinion. Les citoyens ont toujours été informés à chacune des étapes du processus.
Finalement, le conseil a approuvé le Plan en juin 2006 et Bouctouche est devenue la première municipalité a adopté un Plan vert.
Nous sommes maintenant dans l’étape de la mise en œuvre du plan. Plusieurs initiatives ont été implantées autant au niveau des citoyens qu’au niveau de la gestion interne de la municipalité par exemple nous sommes devenus membre du réseau Partenaires dans la protection du climat.
Comment avez-vous sensibilisé la communauté à votre Plan vert?
Tout au long du processus, nous avons tenu les citoyens au courant par des audiences publiques. Nous avons aussi créé des évènements publics afin de mobiliser les citoyens. Par exemple, nous avons mis sur pied l’Ecofestival, un festival où on apprend sur l’écologie, la culture et le développement durable.
Nous avons aussi eu une campagne intensive de porte-à-porte où des étudiants distribuaient des « kits verts » à toutes les résidences. La trousse « Bouctouche, fière d’être vert » explique les initiatives entreprises par la Ville, mais aussi incite à la participation des citoyens à faire leur part. On retrouvait dans la trousse deux sacs réutilisables, une ampoule fluocompacte et de la littérature (efficacité énergétique, compostage, séparation des déchets, etc.
Nous avons aussi lancé un nouveau site web : la boîte à outils verte. Il donne de bons trucs afin de réduire l’impact sur l’environnement, un citoyen à la fois.
Quels étaient les obstacles à ce projet et comment les avez-vous surmontés?
Le concept du développement durable implique une nouvelle façon de voir et de faire les choses. Il faut changer nos « mauvaises habitudes » afin de bien pratiquer les principes du développement durable.
Nous avons donc assuré une éducation continue autant pour les citoyens que pour les employés de la Ville et le conseil. Ensuite, nous avons créé des évènements d’envergures pour rassembler la population, mais aussi augmenter le sentiment d’appartenance à la Ville tout en sensibilisant les citoyens au mouvement.
Comment avez-vous obtenu l’appui du conseil municipal?
Heureusement, le conseil était ouvert et avait une très grande confiance dans le comité qui avait été mis en place par la Ville. De plus, une fois que le comité avait montré les avantages économiques, sociologiques et environnementaux de ce plan, le conseil a bien vu qu’il ne pouvait pas passer sur cette opportunité.
Quelles sont les leçons apprises de la mise en œuvre d’un tel plan? En quoi ont-elles influencé d’autres activités offertes dans votre communauté?
Une des premières leçons apprises est de concevoir l’élaboration et l’implantation d’un plan vert comme une démarche à long terme, un processus qui exige qu’on balance à la fois nos objectifs, le temps et les ressources nécessaires à la démarche. Il est aussi important à mon avis de voir grand et d’être innovateur tout en respectant nos contraintes.
Notre Plan vert nous suit dans toutes les activités que nous proposons de notre écofestival à notre carnaval d’hiver. Nous avons aussi intégré le concept à l’interne avec des moyens concrets pour réduire la consommation d’énergie et des déchets par exemple.
Quels ont été les coûts reliés à votre Plan vert?
Il faut voir les coûts comme un investissement plutôt qu’une dépense : c’est une nécessité d’être innovateur dans la réduction des impacts sur l’environnement. Il est évident qu’il y a des coûts reliés à cette démarche : coût de la main-d'œuvre, implantation du plan, étude et recherche, etc...Cependant, je crois qu’au bout du compte, la ville reste la seule gagnante. En effet, elle épargne sur ses coûts d’énergie, la ville devient plus attrayante, elle se distingue (par des prix internationaux par exemple). Finalement, n’oublions pas les citoyens qui sont gagnants aussi : ils sont fiers de vivre dans une communauté verte et sont beaucoup plus sensibles à leur impact sur l’environnement.
Quels conseils pourriez-vous donner à d’autres municipalités qui désirent entreprendre un projet similaire?
Il ne faut pas avoir peur des nouveaux concepts. Si le conseil doit être convaincu par le côté financier de l’implantation d’une telle démarche, il faut s’orienter vers les concepts comme la réduction des coûts d’énergie. Il est aussi important d’avoir l’appui de la communauté et surtout de ne pas les négliger. Toutes les municipalités peuvent se doter d’un plan vert. Je dirais même que les plus petites communautés sont avantagées, car elles ont moins de barrières à affronter pour aller de l’avant.
En quoi ce projet est-il unique au Nouveau-Brunswick et au Canada?
Nous sommes une petite municipalité côtière et notre réalité est bien différente de la majorité des municipalités canadiennes. Nous avons peu de ressources et grâce, entre autres à l’écotourisme de notre région, nous avons pu rendre notre municipalité plus viable et ainsi promouvoir le développement économique, sociologique et environnemental. Notre municipalité a donc été la première au Nouveau-Brunswick à implanter un tel plan et nous sommes fiers à Bouctouche que cet exemple en soit un succès.
Le Fonds municipal vert offre des subventions pouvant atteindre 350 000$ afin de créer des plans de développement durable de collectivités comme celui de la ville de Bouctouche.
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